Louis-Alexandre Dubourg (Honfleur, 1821 1891)
Ramasseuses de moules sur la plage de Honfleur, 1876

Conservateur du musée municipal dont il est alors le fondateur depuis huit ans déjà, Alexandre Dubourg envoie régulièrement des œuvres au Salon ; parmi elles, en 1876, les Ramasseuses de moules. Le tableau est l’exemple même d’un compromis réussi entre la justesse d’observation, l’audace, la virtuosité de la touche et le format de Salon, support d’un réalisme spectaculaire au chromatisme virulent. La soumission régulière aux envois pour le Salon entre 1859 et 1889 n’altérera pas l’authentique réalisme de Dubourg, laissant intacte une poétique de la réserve, mais elle ne l’incitera pas à s’engager dans ces phénomènes de fusion physique entre peinture et nature tels qu’ont pu les éprouver tour à tour Huet, Courbet, Boudin et Monet.

Le choix d’un soleil couchant pour ce retour de pêche à la moule permet de détailler l’allure, la configuration générale du labeur, sans excès illustratifs ; la lumière rasante justifie le fourmillement impressionniste de la touche dans l’exécution du sable. Le rougeoiement du soleil impose couleur et lumière comme une altérité puissante qui exalte la vérité du motif sans l’absorber.

Dans cette œuvre majeure, Dubourg reste descriptif comme sait l’être Boudin, sans faire émerger le sentiment moral et littéraire de l’admiration ou de la compassion, tenant toujours le réel comme une donnée purement plastique.

 
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