Théodore Gericault (Rouen 1791 – Paris 1824)
Le Cheval du plâtrier, vers 1822-1823

Originaire d’une famille de l’Orne, Théodore Géricault passa des vacances à Mortain. Il y occupait son temps à fréquenter les maréchaux-ferrants, « ces ateliers rustiques ouverts à tous les vents, pleins de l’odeur du cheval et de la corne brûlée1 ».

À plusieurs reprises dans sa courte carrière, l’artiste étudia les chevaux d’après ces souvenirs normands. Ce fanatique de l’équitation les aimait « fumants, écumants, toujours plus rapides, […] de plus en plus fous2 ».

Il aimait le cheval au point de le saisir, mélancolique, modeste et couvert de poussière, dans la fabrique d’un plâtrier à Montmartre. Sa passion pour cet animal l’incite à le représenter sans romantisme, mais comme un thème précurseur d’un réalisme bientôt envahissant, dans la solitude de la grange.

1. Cité par Gilles Buisson, Géricault. De Mortain à Paris, Coutances, OCEP, 1976, p. 10.
2. Ibid., p. 52.

 
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