Paul-Elie Gernez (Onnaing 1888 Honfleur 1948)
Portrait de madame Delange, vers 1912

Paysan du Nord de la France, Paul-Élie Gernez commence l’apprentissage du dessin dès l’âge de 15 ans à l’académie de Valenciennes. Son talent s’exprime alors dans les copies des toiles des maîtres flamands du musée de la ville – Van Dyck, Rubens, Jordaens. Devenu professeur de dessin à Valenciennes, il se voit transféré en 1911, partageant son temps entre peinture et enseignement.

La Normandie et Honfleur en particulier restent des lieux de rencontres artistiques : Vallotton qui peint à plusieurs reprises la côte de Grâce, Vuillard qui fréquente la villa des Hessel à Amfreville, puis Bonnard et Roussel, tous revus chez Bernheim Jeune à Paris. Pour Gernez cependant, le succès est surtout local et les commandes proviennent d’amateurs. Plus encore que chez d’autres peintres de sa génération, la manière de Gernez hésite entre plusieurs modalités plastiques : pointilliste, cubiste, fauve, qui sont autant de tentations inassouvies faute de détermination. Pourtant, avec le Portrait de madame Delange peint vers 1912, Gernez opte pour une atmosphère à la Vuillard, saisie dans les jardins et les demeures de la bourgeoisie en villégiature. Elle se voit recomposée au moyen d’une touche large au chromatisme plein audacieusement maçonnée en aplat.

Ainsi cette figure, petite mais puissante, acquiert la tension tant recherchée par Bonnard, Vuillard et les nabis, lorsque la couleur-lumière atteint l’intensité qui arrête le mouvement.

 
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