Robert-Antoine Pinchon (Rouen 1886 – Bois-Guillaume 1943)
La Seine à Rouen au crépuscule, 1905

La carrière de Robert Pinchon se développe presque exclusivement à Rouen. Il y est formé à la fois au sein d’un milieu cultivé, forgé par les relations que son père entretenait avec Maupassant et les milieux de la critique littéraire, et par son séjour à l’école des beaux-arts où il fait la connaissance de Delattre. La rencontre avec le collectionneur François Depeaux, alors qu’il est encore adolescent, donne une solide assise à sa carrière et, dès 1905, il expose dans la galerie rouennaise Legrip des paysages urbains. Il envoie en même temps des tableaux au Salon d’automne et aux Indépendants à Paris où il rencontre les grands fauves, Matisse, Dufy, Vlaminck, ce qui le pousse à associer à la franchise de la couleur un divisionnisme vigoureux mais sage, sans esprit de système.

Le confort que lui procurent ses succès rouennais favorise son goût pour la liberté dans les formules plastiques, le plus souvent associées à une organisation de l’espace plutôt classique. Il reste toute sa vie un « fauviste tendre », très attaché à la couleur au point de la donner en monochrome, en héritier de Monet qui disait de lui : « Une étonnante patte au service d’un œil surprenant. » Pinchon est de ceux qui pensaient explorer pendant longtemps encore les avatars de l’impressionnisme, sans opportunisme, avec le simple plaisir de peindre et de plaire, tandis que d’autres, tel son compagnon de jeunesse Marcel Duchamp, avaient choisi la voie des ruptures.

 
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